Bulletin N°33

Edito

Quelle place accorder au théâtre à l'école ?





             Pendant longtemps, le théâtre a été seulement étudié comme un genre littéraire en cours de français et "pratiqué" comme activité festive de fin d'année. Puis "Le texte théâtral et sa représentation" est devenu un "objet d'étude" au programme des cours de français en lycée. L'Histoire des Arts, plus récemment, a introduit "l'étude du domaine des arts du spectacle vivant", qui "favorise la mise en voix et la mise en geste de textes à des fins artistiques". Le jeu dramatique et son expérimentation par les élèves est devenue partie intégrante des programmes. Cette évolution se poursuit actuellement avec la mise en place des Parcours d'Education Artistique et Culturels (PEAC) à tous les niveaux de scolarité, du primaire au lycée (V. p.33 Mot des coordinatrices). Ces "Parcours" doivent permettre à chaque élève de faire l'expérience de pratiques artistiques, de lui donner des repères culturels et de faire de lui un spectateur critique. Les PEAC sont un des axes prioritaires du rectorat.

                 Cette année 2013/2014, les Printemps théâtraux ont permis à 1180 élèves, 39 classes ou ateliers, de se rencontrer à Mayenne, Laval et Château-Gontier, pour jouer devant leurs camarades, voir des spectacles,  échanger et apprendre de professionnels, dans les ateliers, à pratiquer le jeu dramatique ou mieux appréhender une représentation théâtrale. Ces rencontres, comme les autres dispositifs mis en œuvre grâce aux structures culturelles locales et aux artistes, répondent aux nouvelles exigences de l'Education Nationale : encadrements interdisciplinaires, rencontres avec les artistes, productions d'outils de formations… Les apprentissages visés par le socle commun de compétences sont réellement mis en œuvre, les prestations des élèves en sont la preuve !


                  Mais ces nouvelles pratiques nécessitent évidemment des formations adaptées. AMLET a pris en charge 439 heures d'interventions de comédiens au cours de cette année. Et nous pouvons en mesurer l'efficacité. Le stage projet, animé par Bernard Grosjean, auquel participent tous les enseignants de primaire, a fait ses preuves. Nous avons constaté l'évolution de la qualité des productions présentées : choix des textes, diction, équilibre texte/jeu, dynamique du jeu, participation de tous les élèves, souvent tous présents sur le plateau (Voir le travail d'une classe d'Ahuillé p.5 ). Les enseignants de lycées ont reconnu que le stage Ecole du spectateur de septembre leur avait permis d'être plus efficaces lors du printemps. Ces formations, au plus près des attentes et en lien avec les projets menés par les enseignants, ont montré toute leur efficacité.

                  Cependant pourra-t-on résoudre le paradoxe auquel on est confronté : attente croissante de l'institution et contexte socio-économique difficile qui entraîne une baisse des budgets des ministères et des collectivités territoriales ?
AMLET