AMLET Association Mayennaise pour une Liaison Ecole théâtre


"Nous ne cherchons pas à former des comédiens… Nous cherchons plutôt à faire de nos élèves des acteurs qui savent tenir debout, et sur une scène de théâtre et dans leur vie de tous les jours."

    Lecture au pupitre de "Maman a choisi la décapotable" par 30 élèves de sixième lors de la remise du prix "Les jeunes lisent du théâtre" au théâtre de Laval le 14 mars 2018.


   Pierre Banos, directeur des éditions Théâtrales et Antonio Carmona, auteur de "Maman a choisi la décapotable", lauréat 2018, répondant aux questions de la salle. 


"Les jeunes lisent du théâtre" 2019

Le comité de lecture s'est réuni le mardi 26 juin et, parmi les 16 textes proposés par les éditions "Théâtre Ecole des loisirs", a choisi pour le concours 2019 les titres suivants :

Pour le cycle III :
- I love mon biniou de Pascale Petit (non encore édité)
- La Princesse aux joues rouges de Bénédicte Couka
- Mortadelle de Benedicte Wegenast

Pour le cycle IV
- La Petite fille qui disait non de Carole Thibault
- Le garçon qui aimait de Julie Rey (non encore édité)
- Les Kokemars de Anouch Paré (non encore édité)

La Librairie MLire est partenaire du concours.

AMLET organise pour la quatrième année consécutive (2018/2019) le concours « Les jeunes lisent du théâtre », en partenariat, cette année, avec  "Les 3 Chênes" du pays de Loiron et (après les éditions Lansman, Actes Sud, Théâtrales Jeunesse) les éditions Ecole des Loisirs.
Il est ouvert à tous les jeunes et se compose de deux niveaux : l'un pour les élèves de moins de douze ans (cycle III) et l'autre pour les plus de douze ans. Les jeunes sont invités à lire trois pièces sélectionnées par le comité de lecture d’AMLET parmi douze pièces communiquées par les éditions Ecole des Loisirs et à procéder à un vote.
Le prix sera remis au Théâtre de Loiron lors de la journée du festival "Les jeunes lisent du théâtre", en présence des auteurs et de l'éditeur, le 17 mai.

On peut y inscrire une ou plusieurs classes (surtout cycle III), un groupe de lecteurs (encadré par les documentalistes de collège, ou les bibliothécaires d'une commune). Certains font même de ce concours un des axes de leur rencontre CM2/6è (argumentation de leur choix, lecture au pupitre d’extraits de la pièce choisie…)
L’objectif est de faire découvrir des textes du répertoire contemporain jeunesse, d’expérimenter la lecture à haute voix et de faire lire les élèves devant des publics de jeunes ou de parents.
Le concours et la journée festival sont été présentés à la fin de la réunion de présentation de saison aux 3 Chênes à Loiron le lundi 25 juin à 18H. AMLET y a fait une brève lecture au pupitre de quatre textes.

Inscriptions
- Réunion d'information le 26 septembre 17H30 à Laval (FAL)
- Dates : de fin juin à début octobre
- Contact : amlet53@orange.fr
- frais d'inscriptions au concours : 20€ (trésorier d'AMLET Jérôme Fournier 131, rue de Clermont 53000 Laval)
- Préciser le groupe ou la classe, le nombre, le niveau, l'établissement et le nom du responsable)
- les votes seront clos le 1er avril.

Nous proposons cette année encore une formation pour adultes (enseignants, animateurs, bibliothécaires, artistes …) par une compagnie spécialisée dans la lecture au pupitre "Acteurs et pupitres" et, aussi pour les jeunes, le spectacle de cette compagnie "Yapatou-Théâtre(s) à suivre" (qui permettent aux enseignants et aux élèves de découvrir plus concrètement ce qu’est la lecture au pupitre, et d’être déjà un peu sensibilisés aux textes contemporains pour la jeunesse). Priorité sera donnée aux enseignants des classes inscrites (Pensez à vous inscrire quand ce stage paraîtra au PDF).

La journée de clôture aura lieu le 17 mai 2019 au théâtre des 3 Chênes de Loiron où les classes pourront participer à des ateliers de jeu, d'écriture, de lecture au pupitre ainsi qu'à des rencontres avec auteurs dramatiques et éditeurs. A partir de 18h la journée sera ouverte aux adultes (rencontres et présentations de petites formes). La remise du prix sera accompagnée d'une lecture publique des textes primés et suivie du spectacle "Oh, boy!".






"Les jeunes lisent du théâtre" 2018
Troisième édition du concours organisé par AMLET, compte rendu bilan.


En mai 2017, les éditions Théâtrales ont donné leur accord pour leur participation au concours 2018 et Pierre Banos, son directeur, nous a envoyé huit pièces de théâtre jeunesse (chaque année AMLET propose à une maison d'édition différente de proposer des textes à lire et à élire pour son concours) :

Loulous de Marie Bernanoce
Le Bruit des bombes de Lise Martin
Maman a choisi la décapotable d'Antonio Carmona
Aussi loin que la lune de Sylvain Levey
Des larmes d'eau douce de Jaime Chabaud
Geb et Nout, enfants de la lune de Françoise du Chaxel
Histoire d'Anna de Sabine Tamisier
Les discours de Rosemarie de Dominique Richard

Un comité de lecture, regroupant enseignants, comédiens, bibliothécaires, s'est réuni en juin pour choisir les trois textes que nous allions soumettre à la lecture des élèves inscrits au concours : Maman a choisi la décapotable d'Antonio Carmona Aussi loin que la lune de Sylvain Levey Des larmes d'eau douce de Jaime Chabaud.

Les Samedi 14 et dimanche 15 octobre 2017, 27 personnes ont suivi le stage "Lecture au pupitre" dans la salle Vitez du lycée Rousseau. Ce stage était encadré, comme les années précédentes, par Laurence Cazaux et Patrick Gay-Bellile, de la compagnie "Acteurs et pupitres". Le travail de ces deux jours a pris évidemment comme support les trois pièces proposées au concours. (Voir CR détaillé dans le bulletin d'AMLET ou sur le blog associationamlet)

 Plus de 700 élèves ont été inscrits cette année, 600 sont allés au bout de la lecture des trois pièces et ont participé au vote. A près de 55% ils ont élu la pièce d'Antonio Carmona "Maman a choisi la décapotable".

Quelques justifications de leur choix :
Les élèves ont trouvé le texte à la fois drôle, émouvant, surprenant et un peu triste à la fois. L'histoire est proche de la vraie vie. Le texte est facile à lire, la fin est joyeuse, une histoire d'amour drôle, des personnages amusants.
Les plus : drôle, émouvant, thème réaliste, identification aux personnages principaux, thème grave mais traité avec de l’humour. Personnages attachants et drôles.
 Ce qui a plu : La curiosité de Lola, la fantaisie et l’énergie de Garance, le côté garçon-manqué de Prune, son fort caractère, ses jeux de mots. Le lien fort entre les deux sœurs et l’attention portée par Garance aux deux filles.
Texte dynamique, plein d'humour avec le personnage de Garance, et de l'émotion avec les deux sœurs. Les élèves se sont projetés facilement dans les personnages

Propos d'élèves :
"L’histoire est drôle et en même temps émouvante. Elle est permet de voir la vie positivement. "
« Il y avait du suspense »
« Le papa est revenu à la fin »
« J’ai trouvé qu’il y avait de l’humour »
« Les jeux de mots sont très bien, les personnages sont géniaux, ils ont chacun leur caractère. Ca se termine bien. »
« C’était rigolo quand la petite fille donne ses bottes à son père. J’ai aimé que le père retrouve une nouvelle femme et rentre chez lui ».

La remise du prix
Le prix a été remis à l'auteur, en présence de son éditeur,  le mercredi 14 mars au théâtre de Laval par la présidente d'AMLET.
Le texte a fait ensuite l'objet d'une lecture au pupitre par une trentaine d'élèves de sixième du département devant environ 300 spectateurs. Dans l'après-midi, deux classes de sixième du Puy de Dôme qui participaient au second printemps des collèges avaient présenté deux lectures au pupitre de sélections des trois textes mis au concours, en présence de l'auteur et de l'éditeur.

Rencontre avec Antonio Carmona  et Pierre Banos
 Le lendemain, Pierre Banos et Antonio Carmona ont accepté de rencontrer des élèves des écoles Badinter et Jules Verne et du collège Alain Gerbault de Laval. Des questions ont été posées sur son métier d'écrivain et beaucoup sur la pièce qu'ils ont lue.

Comment devient-on écrivain ?
Antonio Carmona a toujours aimé faire des discours, en particulier lors des anniversaires. Mais surtout depuis le CE2, on lui demande souvent de raconter des histoires, il s'est alors rendu compte qu'il amusait et faisait rire le public. Comme il était peu musclé, pas très costaud, "Ecrire, dit-il, c'était mon super pouvoir !"
Il a suivi une école de théâtre à Marseille, puis une école de clown. Mais on faisait surtout souvent appel à lui pour écrire.
A 26 ans, il a écrit cinq à six textes, dont "Le cœur a ses raisons", "Il a beaucoup souffert Lucifer". "Maman a choisi la décapotable" est son premier texte édité.
D'où vient l'idée de cette pièce ?
Le thème de l'abandon est fréquent dans ses écritures. Il a travaillé plusieurs mois dans un foyer où il a été le référent de Valentin, un enfant dont le père était en prison et la mère aveugle. Valentin était souvent en colère et quand il croisait Antonio, il se précipitait sur lui comme s'il était armé d'un taser (une sorte de matraque qui envoie des décharges électriques) en lui criant "Ça coûte cher les décapotables ?" et Antonio ne savait que lui répondre. Un jour il lui a dit : "Oui, ça dépend de la décapotable et des arguments du vendeur !" Alors ensuite Valentin a complètement changé d'attitude envers lui, au lieu de l'agresser, il le prenait dans ses bras. Valentin a donné naissance aux personnages de Prune et Lola.
Et pourquoi avoir choisi ces prénoms ?
Antonio a renvoyé les élèves au texte lui-même. Ils ont alors retrouvé que Lola était formé du début et de la fin des prénoms des parents. Prune est à la fois un nom de fruit (le fruit de leur amour ?) et du coup au visage. Mais il a aussi pensé à son amoureuse qui n'aime pas du tout les fruits !! Et Romance ? Il a demandé aux élèves à quels mots ce nom les faisait penser. Nous avons eu : garage, garçon, gare, gardienne, garantie, balance, romance… En effet Garance est un mélange de gardienne (elle garde les enfants, elle en est aussi la garante) et de romance (elle s'invente de belles histoires, comme on va le voir après). Mais Antonio aime bien jouer avec les mots, leur composition et aussi le nombre de leurs lettres. Dans ses textes les  personnages comme Lola sont désignés par des mots petits, qui ont peu de lettres. Les amoureux ont des noms qui ont le même nombre de lettres. Et ses titres sont tous composés de cinq mots ! (Vérifiez !)
Et Henri ?
Antonio a posé alors des questions à son sujet : où habite-t-il ? Que fait-il ? Comment a-t- il rencontré Garance ? On découvre l'histoire invraisemblable d'un personnage qui vit dans un château en Espagne mais avec une piscine gonflable, dont le métier est marchand de popcorns dans un cinéma… Antonio pense qu'il n'existe pas et qu'il est une invention de Garance, qu'elle fait même mine de recevoir des lettres et même qu'elle aurait entraîné Lola dans son jeu ! S'il a pensé à son amoureuse pour créer le personnage de Prune, Garance lui ressemble, elle parle vite, beaucoup et invente beaucoup d'histoires ! Grosse surprise pour tout le monde ! Mais chacun peut faire sa propre lecture.
Et le titre ?
Les élèves ont bien compris qu'il résume l'histoire : "la maman a préféré la décapotable ou l'argent plutôt que ses enfants". Mais cela a provoqué de nombreux débats ! "Ça ne se fait pas !", "quand on a des enfants on doit assumer !"… Et pourtant "des mamans comme ça, ça existe", "C'est comme moi, mes parents sont aussi séparés." "Au début, dans une première version, dit l'auteur, la mère ne revenait pas et le père mourait !". Mais l'histoire aurait été vraiment trop triste !
Une suite ? Une fin différente ?
Il n'y aura pas de suite. Peut-être un lien à travers le personnage de Stella, l'amie de Prune, qui apparaît dans toutes ses pièces. Beaucoup auraient souhaité que la mère revienne, mais est-ce possible ? Alors que devient le personnage de Garance ? Est-on prêt à accepter qu'elle quitte la vie de Prune et Lola ?
C'est bizarre, parce que c'est toujours les mamans qui appellent, pas les papas !
En effet, il y a beaucoup de comportements "bizarres". Car selon les élèves, c'est plutôt les mamans qui donnent des claques, et les papas ça ne pleure pas, et les filles ça ne se bat pas et surtout ça ne gagne pas contre les garçons…
Antonio a affirmé qu'il souhaitait inverser l'image que nous avons des filles et des garçons. Il a animé des débats avec les élèves : "Qui a vu son papa pleurer ? Sa maman ? Qui pense que les adultes ne doivent pas pleurer ? " Et chacun d'avancer ses arguments. Pour Antonio, on est plus fort quand on arrive à montrer ses sentiments que quand on les cache.

Des démarches pédagogiques diverses
L'inscription au concours et la lecture des trois pièces sont l'occasion d'activités très diverses dans les classes. D'abord, comment entrer dans la lecture d'un texte de théâtre ? Comment inciter à cette lecture, comment créer les horizons d'attentes ? Quelques propositions avaient tété expérimentées lors du tout premier stage, notamment l'entrée par les répliques (voir sur le blog associationamlet). Mais d'autres pistes ont été présentées aux élèves. Dans une classe du Puy de Dôme, composée d'élèves en difficultés de lecture, c'est l'enseignante qui a commencé la lecture des "Larmes d'eau douce" en s'aidant de marionnettes pour incarner les personnages. Les élèves ont ensuite poursuivi la lecture individuellement. Dans une autre classe du même département, on a distribué aux élèves les trois titres découpés et mélangés. A eux d'essayer de les reconstituer, de faire leurs propositions différentes et d'imaginer les histoires annoncées. Dans une autre classe, on a donné aux élèves la liste des personnages, à eux de les imaginer et de formuler des hypothèses sur l'histoire que l'auteur allait leur faire vivre. Enfin, à Ernée, l'enseignante avait demandé aux élèves de sixième d'apporter chacun une paire de chaussures ! On en a fait un tas au milieu de la classe. Chaque élève devait chausser une paire en fonction de l'un des trois personnages de "Maman a chois la décapotable" que ces chaussures lui évoquait. Ensuite il devait se déplacer avec cette contrainte et donner ainsi vie au personnage. 
Deux classes ont constitué des maquettes de la pièce à partir de boites de chaussures. Les passages à la lecture au pupitre, outre le travail sur la voix, l'adresse, le regard, ont aussi permis d'approfondir le sens de certains passages, de repérer par exemple l'orthographe du mot "exploratriste" pour le faire passer à l'oral et aussi d'en comprendre tout le jeu de mot.
Les classes du Puy de Dôme ont fait des montages à partir des trois textes pour en faire des lectures publiques. Il leur a donc fallu sélectionner en argumentant les différents extraits et trouver des liens pour donner une certaine unité à leur lecture.
Enfin, ces lectures au pupitre ont donné lieu à plusieurs rencontres entre des élèves de CM2 et de sixièmes de leur futur collège : lectures mutuelles et argumentations sur leurs choix.
Certaines expériences pédagogiques seront développées ultérieurement. Mais nul doute que ce moment ludique et convivial n'ait aussi été un vrai moment d'apprentissage.
Marcel Le Bihan